Le
traitement
Traitement
symptomatique et épurateur
Atropine
Pralidoxime
Traitement symptomatique et épurateur
L’ingestion volontaire d’un insecticide OP, l’exposition à un
NOPs constituent une urgence médicale. La prise en charge
associe le traitement symptomatique des défaillances vitales
parallèlement à la décontamination et au traitement
spécifique.
La protection du personnel soignant est le
premier temps indispensable (vêtements, masque). Les intoxiqués doivent être
sortis de l’ambiance contaminée. Dans le cas général,
la décontamination cutanée comprend le déshabillage
et le lavage soigneux et prolongé à l’eau savonneuse.
La décontamination oculaire nécessite un lavage à l’eau
tiède, prolongé durant 15 minutes.
Dans un contexte
d’attentat chimique par NOPS, gants en butyle,
combinaison légère adaptée, masque à cartouche
A2B2P3… sont nécessaires. La décontamination
des victimes est assurée par le déshabillage, l’utilisation
de poudres adsorbantes (poudre pulvérulente : terre de foulon,
talc voire farine) suivi d’une élimination mécanique
(au gant sec…). Les solutions de décontamination les
plus efficaces sont à base d’hypochlorite de sodium,
en pratique de l’eau de Javel diluée (une concentration à 0,8%
correspond à un volume d’eau de Javel dilué (dans
le commerce, diluée à 9%) dilué dans 10 fois
son propre volume. A défaut la douche à grande eau
prolongée durant 15 minutes est un bon moyen de décontamination.
Le traitement symptomatique associe : oxygénation, aspiration
bronchique répétée, ventilation mécanique,
remplissage vasculaire, utilisation d’amines vasopressives,
correction des troubles hydro-électrolytiques… De
fortes doses de diazépam peuvent être requises pour
contrôler les convulsions. Le suxaméthonium et mivacurium
(métabolisés par les cholinestérases plasmatiques)
sont théoriquement contre-indiqués.
Lors d’une ingestion, l’intérêt de l’épuration
digestive est à discuter. L’efficacité du lavage
gastrique n’a pas été démontrée,
mais s’agissant d’un toxique fonctionnel pouvant mettre
en jeu le pronostic vital, il peut être pratiqué,
dans l’heure suivant l’ingestion.
La présence
d’un solvant associé nécessite une intubation
préalable. L’administration de charbon activé (25 à 50
g) peut compléter l’épuration digestive bien
que la capacité du charbon activé à adsorber
les OP ne soit pas démontrée. L’épuration
extra-rénale est sans effet sur l’élimination
du toxique.
Le traitement spécifique le plus efficace résulte
d’une combinaison de médicaments : benzodiazépine,
atropine et pralidoxime.
Atropine
Traitement
symptomatique et épurateur
Atropine
Pralidoxime C’est un antidote vrai des effets muscariniques de l’intoxication,
partout disponible. L’atropine agit par compétition
avec l’acétylcholine au niveau du récepteur
muscarinique. Elle n’a pas d’effet sur le syndrome
central, ni sur le syndrome nicotinique ni sur les cholinestérases
inhibées.
En pratique et après oxygénation, 1-2 mg chez l’adulte
(0,02-0,05 mg/kg chez l’enfant) sont administrés par
voie intraveineuse toutes les 10-15 minutes jusqu’au tarissement
de la bronchorrhée, la levée du bronchospasme. L’accélération
du rythme cardiaque est un signe plus tardif d’atropinisation
; la régression du myosis n’est pas un bon critère
de jugement. L’atropinisation est à maintenir au moins
24 heures (bolus répétés ou perfusion de 0,02 à 0,08
mg/kg/h). Une surveillance en milieu de réanimation est
nécessaire jusqu’à 48 heures après la
dernière dose d’atropine.
Les besoins en atropine sont généralement moins
importants lors d’une intoxication par NOPs, traduisant la
moindre intensité du syndrome muscarinique. Plus spécifique,
un collyre à base de dérivés atropiniques
(0,25-1%) a pu être utilisé pour traiter la douleur
oculaire accompagnant les troubles visuels lors de l’attentat
du métro de Tokyo.
Pralidoxime
Traitement
symptomatique et épurateur
Atropine
Pralidoxime C’est une oxime qui permet de réactiver les cholinestérases
des récepteurs muscariniques, nicotiniques et centraux,
en formant un complexe avec l’OP. L’action centrale
est cependant limitée par le faible passage hémato-encéphalique.
La pralidoxime est indiquée en présence d’une
dépression respiratoire et d’une atteinte neuromusculaire.
Synergique avec l’atropine, elle corrigerait les effets nicotiniques
et muscariniques quand elle est administrée, au mieux dans
les 24 à 48 heures (avant le phénomène de
vieillissement). Aucune étude contrôlée n’a été réalisée
pour démontrer l’efficacité de la pralidoxime.
Chez l’adulte 1 à 2 g sont administrés par
voie veineuse. Une vitesse d’injection inférieure à 0,5
g/min limite le risque d’effets secondaires (tachycardie,
laryngospasme, bloc neuromusculaire). L’amélioration
est obtenue en quelques dizaines de minutes, objectivée
par l’arrêt des convulsions et des fasciculations,
l’amélioration de l’état de conscience
et de la réponse musculaire. Au besoin, la dose initiale
peut être répétée 1 heure après.
L’administration est poursuivie toutes les 4 à 6 heures
ou au mieux par perfusion, parallèlement à celle
de l’atropine, et jusqu’à une amélioration
clinique stable, ce qui peut prendre avec les insecticides OP quelques
jours du fait de leur élimination lente à partir
du compartiment profond.
Chez l’enfant une dose initiale de 25-50 mg/kg est recommandée,
suivie d’une perfusion.
L’intérêt de la pralidoxime lors d’une
intoxication par carbamates reste l’objet de controverses
du fait de la brève durée de l’inhibition des
cholinestérases. Une publication a montré une augmentation
de la toxicité lors de l’utilisation de la pralidoxime
chez l’animal intoxiqué par du carbaryl. Chez l’homme,
aucune donnée ne permet de se prononcer. Il semble licite
de proposer la pralidoxime lors d’intoxications par carbamates
sévères et résistantes à l’atropine,
lors d’intoxications mixtes (organophosphoré-carbamate),
ou lorsque devant un tableau cholinergique l’insecticide
n’est pas identifié. La surveillance en milieu de
réanimation est réduite à 24 heures après
la dernière dose d’atropine.
Le traitement par pralidoxime d’une intoxication par NOPs
est indiqué dans les formes modérées à sévères,
dès que disponible, à doses correctes (1-2 grammes à répéter éventuellement).
La nécessité de poursuivre le traitement est évaluée
au cas par cas. La durée du traitement est de l’ordre
de 24 heures. L’oxime HI-6 est réputée plus
efficace dans cette indication mais n’est pas disponible.
Le
traitement auto injectable de l’armée comprend
l’association d’atropine (2 mg), de diazépam
(7,5 mg) et de pralidoxime (350 mg). De la pyridostigmine est administrée
préventivement. L’objectif de l’utilisation
de cet anticholinestérasique à courte durée
d’action est d’obtenir une saturation des AC (inhibition
de 25-30%), les rendant inaccessible à l’action des
OP.
dernière
mise à jour : 16-03-2004
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