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Mécanismes d'action
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Mécanisme d’action du toxique
Mécanisme d’action de l’antidote

Les différentes formes du Hg, ont chacune des voies d’absorption et des organes cibles spécifiques.

Hg élémentaire

A l’état de vapeur, le Hg est résorbé à 80% dans les poumons après inhalation. En revanche, l’absorption digestive est très faible (moins de 0,01%).

Dans le sang, le Hg est lié aux globules rouges, environ 30% est fixé aux protéines plasmatiques. La distribution tissulaire concerne le rein (50 à 90% de la charge corporelle), le foie et le cerveau, siège d’un stockage prolongé (demi-vie de plusieurs années). Le mercure élémentaire passe facilement la barrière placentaire.

Dans la cellule, le Hg est rapidement oxydé par les catalases en ion mercurique (Hg2+). Celui-ci est la forme active et possède une forte affinité pour les groupements thiols des protéines. L’ion mercurique est en grande partie liée à une protéine, la métallothionéine (forme de stockage), dont la synthèse est induite par le Hg lui-même.

L’élimination de la fraction non accumulée est lente (demi-vie de 6 à 10 semaines), urinaire et intestinale.

Dérivés minéraux du mercure

La pénétration des sels mercureux (Hg+) et mercurique (Hg2+) est possible par toutes les voies : respiratoire par inhalation de poussières ou aérosols (absorption d’environ 45% de la dose inhalée), digestive par déglutition de microparticules inhalées (5 à 10% de la dose ingérée ; plus importante chez les jeunes enfants) et percutanée.

Le Hg inorganique est lié pour 75% aux protéines plasmatiques, il est peu diffusible : la distribution tissulaire prédomine au niveau du rein, la fixation cérébrale est peu importante.

L’élimination est urinaire et intestinale.

Dérivés organiques du mercure

La pénétration dans l’organisme est possible par toutes les voies : orale (absorption portant sur 90% de la dose ingérée pour les dérivés alkylés à chaîne courte), respiratoire et percutanée.

Dans le sang les dérivés organiques sont essentiellement liés aux globules rouges. La distribution des dérivés alkylés prédomine au niveau du cerveau, siège d’un stockage. Le méthylmercure passe les barrières hémato-encéphalique et placentaire.

Les dérivés alkylés sont très lentement métabolisés, par désalkylation. L’élimination est principalement biliaire, avec cycle entéro-hépatique, la demi-vie est voisine de 2 mois.

Les dérivés arylés et alkoxyalkylés sont partiellement hydrolysés en mercure inorganique, éliminé par voies urinaire et intestinale ; leur demi-vie est nettement plus courte.

Tous les dérivés organiques ont une excrétion lactée importante.


Mécanisme d’action de l’antidote

Mécanisme d’action du toxique
Mécanisme d’action de l’antidote

Les antidotes du mercure sont des chélateurs des métaux.

Il existe deux antidotes utilisables lors d’une intoxication au Hg. Ce sont tous deux des donneurs de thiols, formant des complexes solubles avec le Hg, éliminés dans les urines, donc utilisables avant la phase anurique de l’intoxication.

Dimercaprol

Le dimercaprol (2,3-dimercaptopropanol) ou BAL (British Anti-Lewisite) est utilisé avec de nombreux métaux (arsenic, mercure, plomb, sels d’or, antimoine, bismuth, zinc, …). C’est le plus ancien des chélateurs utilisés en thérapeutique. Il agit en inhibant le système pyruvate-oxydase empêchant ainsi la fixation des métaux sur les groupements sulfhydriles des enzymes.

Il peut entraîner une déplétion en éléments essentiels tels que le fer, le calcium, le magnésium, le zinc, etc. Sa marge thérapeutique est étroite.

Le BAL® est administré uniquement par voie intramusculaire. La seule indication de traitement par le BAL® est l’intoxication aiguë par ingestion de dérivés inorganiques. Après administration, la concentration maximale sanguine est atteinte en 1 à 2 heures. Le BAL® est rapidement et entièrement métabolisé et excrété par voie rénale en moins de 24 heures. L’administration de BAL® peut entraîner des effets indésirables à type de douleurs au point d’injection, d’hypertension, tachycardie, céphalées, vomissements, nausées, sensation de brûlure du visage.

Succimer

Le succimer ou acide 2,3-dimercaptosuccinique ou encore DMSA (Succicaptal®) est un analogue hydrosoluble du BAL. Il est utilisé dans l’intoxication par le plomb et le mercure.

Le DMSA est administré per os. Il est indiquée en cas d’intoxication aiguë avec du Hg élémentaire ou des dérivés inorganiques et en cas d’intoxication chronique avec du Hg métallique, des dérivés inorganiques et organiques. Après administration, la concentration maximale sérique est atteinte en 30 minutes. Le DMSA n’entraîne pas de déplétion en éléments essentiels. Ses effets indésirables se limitent à des troubles digestifs mineurs et des rash cutanés.


dernière mise à jour : 16-03-2004


 

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